Sylvain Huc

Sylvain Huc, chorégraphe et danseur, met le corps en mouvement au centre de sa recherche. À la fois sujet, objet, matière de ses investigations, le corps est exploré dans ses déterminations sociales, politiques, esthétiques, culturelles, abstraites, biologiques ou intimes. Asservi à des enjeux biopolitiques, soumis à un ordre du monde auquel il doit se conformer, mais également fait de ses fantasmes propres et de ses utopies physiques, il offre une infinie source d’écriture. Ses récentes pièces, au croisement de l’observation anthropologique et de l’abstraction formelle, exposent l’irréductibilité des sujets que nous sommes. Il approfondit son exploration du rapport entre puissance et impuissance, autour de la notion de désœuvrement, telle que développée par le philosophe Giorgio Agamben. « Désoeuvrer » les corps sur un plateau, c’est donner à voir un nouvel usage possible, exempt des injonctions corporelles, matérielles, biologiques, économiques et sociales. Une autre forme de corps, poétique.

S’il place bien le corps au centre de tous ses travaux, Sylvain Huc aime le mettre en relation avec un environnement sonore et lumineux. Il crée ainsi un tissu de sensations et d’émotions avec lequel le corps se déploie tour à tour savant ou sauvage. Sa collaboration avec l’artiste audio-visuel Fabrice Planquette est l’illustration d’une vive appétence pour les arts visuels et plastiques. S’il s’est bien formé à l’histoire de l’art, cette “archéologie” n’est pour lui qu’une voie d’accès au présent. Il poursuit son exploration de formes qui sont relationnelles, non pas objets clos sur eux-mêmes, mais relations dynamiques. Dans cette perspective, sa rencontre avec le chorégraphe et performer Thiago Granato pour créer deux pièces en 2023 et 2024 est caractéristique d’une démarche de dialogue, à l’inverse d’une autarcie esthétique et artistique.